L’utilisation du terme EMDR soulève de nombreuses questions chez les thérapeutes et praticiens du bien-être : peut-on écrire « praticien EMDR » sur son site ? Faut-il être psychologue ou psychothérapeute ? Une formation privée suffit-elle ? Peut-on mentionner l’EMDR sur une fiche Google ou une page de vente ?
La réponse nécessite de distinguer plusieurs sujets.
Le droit français ne prévoit pas de titre professionnel réglementé intitulé « praticien EMDR ».
En revanche, certains titres associés à la santé mentale, comme celui de psychothérapeute, sont légalement protégés.
Par ailleurs, des organismes comme EMDR France et EMDR Europe disposent de leurs propres systèmes de formation, d’accréditation et de signes distinctifs.
Enfin, votre communication ne doit jamais induire vos clients en erreur sur vos qualifications, votre formation ou la nature de votre accompagnement.
Chez Houjo, nous vous expliquons comment faire cette distinction et communiquer de manière claire.
Peut-on utiliser le terme EMDR ?
La première question à se poser n’est pas uniquement : « Ai-je le droit d’écrire EMDR ? »
La véritable question est : que va comprendre votre client lorsqu’il verra cette mention ?
Il faut distinguer :
- l’EMDR en tant que méthode ;
- la formation que vous avez réellement suivie ;
- une éventuelle accréditation privée ;
- les titres professionnels que vous êtes légalement autorisé à utiliser ;
- la manière dont vous présentez votre prestation.
À ce jour, le droit français ne crée pas de titre professionnel réglementé intitulé « praticien EMDR ».
En revanche, le titre de psychothérapeute est protégé. Son utilisation est réservée aux professionnels remplissant les conditions légales et inscrits au registre national des psychothérapeutes.
C’est pourquoi un professionnel doit toujours vérifier précisément le titre, la certification ou la qualification qu’il est autorisé à afficher.
EMDR : méthode, titre professionnel ou accréditation ?
La confusion vient souvent du mélange de trois notions différentes.
L’EMDR en tant que méthode
EMDR signifie « Eye Movement Desensitization and Reprocessing ». Cette approche est notamment utilisée dans le champ du psychotraumatisme.
Le fait de connaître une méthode ou d’avoir suivi une formation ne donne cependant pas automatiquement le droit d’utiliser n’importe quel titre professionnel.
Les titres réglementés
Psychologue, médecin, psychiatre ou psychothérapeute renvoient à des professions ou titres soumis à des règles spécifiques.
Vous ne devez jamais utiliser un titre professionnel auquel vous n’avez pas droit.
La vigilance est particulièrement importante lorsqu’une activité non réglementée se rapproche, dans sa présentation, du champ médical ou psychothérapeutique.
Les accréditations EMDR
EMDR Europe dispose par ailleurs d’un système privé d’accréditation des professionnels.
L’organisme impose notamment aux candidats à l’accréditation de praticien d’avoir suivi une formation reconnue par EMDR Europe, réalisé un certain nombre de séances et de suivis clients et bénéficié d’un accompagnement ou d’une supervision clinique.
Cette accréditation constitue un dispositif professionnel privé. Elle ne doit pas être confondue avec un diplôme ou un titre délivré par l’État français.
De son côté, EMDR France recommande au public de vérifier notamment la qualification initiale du professionnel, sa formation auprès d’un organisme reconnu et, le cas échéant, son statut de Praticien EMDR Europe.
Il faut donc distinguer très clairement la loi française des conditions posées par une association pour utiliser ses propres titres, labels, logos ou accréditations.
Peut-on écrire « praticien EMDR » sur son site ou sa fiche Google ?
Il n’existe pas une réponse identique pour tous les professionnels.
Avant d’utiliser cette expression, vérifiez :
- la formation que vous avez réellement suivie ;
- l’intitulé exact figurant sur votre certificat ou votre attestation ;
- l’existence éventuelle d’une accréditation ;
- les conditions d’utilisation imposées par l’organisme qui vous a formé ;
- les éventuels droits de propriété intellectuelle ;
- vos autres titres professionnels ;
- la présentation générale de votre prestation.
Votre site, votre fiche Google, vos réseaux sociaux ou vos brochures sont des supports commerciaux.
Le client ne doit donc pas pouvoir comprendre, à tort, que vous disposez d’une qualification, d’une accréditation ou d’un statut que vous ne possédez pas.
Un professionnel simplement formé à certaines techniques ne doit pas, par sa communication, donner l’impression qu’il bénéficie d’une accréditation EMDR Europe s’il ne l’a pas obtenue.
Peut-on utiliser l’expression « thérapeute EMDR » ?
Cette formulation mérite une vigilance particulière.
Le mot « thérapeute » n’est pas en lui-même assimilable au titre réglementé de « psychothérapeute ». Mais lorsqu’il est accolé à EMDR et accompagné de références au traumatisme, aux troubles psychiques ou au traitement de certaines pathologies, l’ensemble de la communication peut devenir ambigu pour le public.
Le client doit pouvoir comprendre immédiatement :
- qui vous êtes ;
- votre formation réelle ;
- ce que vous proposez ;
- ce que vous ne proposez pas ;
- les limites de votre activité.
Plus votre communication se rapproche du champ médical, psychologique ou psychothérapeutique, plus cette transparence devient essentielle.
EMDR France, EMDR Europe et cadre juridique : quelle différence ?
Les associations professionnelles peuvent fixer leurs propres critères de formation, d’adhésion et d’accréditation.
Elles peuvent également encadrer l’utilisation de leurs logos, labels, annuaires et titres d’accréditation.
Un professionnel ne doit donc jamais afficher une appartenance ou une accréditation qu’il ne possède pas.
En revanche, ces règles privées doivent être distinguées des règles prévues par l’État français.
Cette distinction est essentielle pour éviter deux raccourcis :
« Ce n’est pas interdit par la loi, donc je peux tout écrire. »
C’est faux. Votre communication reste soumise notamment au droit de la consommation et aux droits de propriété intellectuelle.
À l’inverse :
« Une association professionnelle impose une règle à ses membres, donc cette règle constitue automatiquement une interdiction légale applicable à tous. »
Ce n’est pas nécessairement le cas.
Il faut toujours identifier l’origine exacte de la règle concernée.
Le point à vérifier avant d’utiliser le terme EMDR : la propriété intellectuelle
La réglementation des professions n’est pas le seul sujet.
Un nom, un logo, un label ou une mention d’accréditation peut également être protégé au titre de la propriété intellectuelle.
Avant d’utiliser une appellation ou un signe distinctif dans votre communication, vérifiez les droits existants, notamment dans les bases officielles de l’INPI.
Cette vérification est particulièrement importante avant d’utiliser une mention sur :
- votre site internet ;
- votre fiche Google ;
- vos réseaux sociaux ;
- une page de vente ;
- une brochure ;
- une formation ;
- un certificat ;
- une publicité.
L’utilisation d’un logo ou d’une mention d’accréditation nécessite une vigilance particulière.
Le principal risque juridique : une communication trompeuse
Pour Houjo, c’est le point central.
Le Code de la consommation encadre les pratiques commerciales trompeuses.
Une communication peut notamment devenir problématique lorsqu’elle crée une confusion sur les qualités du professionnel, ses qualifications, ses compétences ou les caractéristiques de la prestation proposée.
Dans le cas de l’EMDR, votre client doit donc pouvoir comprendre sans ambiguïté :
- quelle formation vous avez suivie ;
- quelle qualification vous possédez ;
- si vous bénéficiez ou non d’une accréditation particulière ;
- quelle prestation vous réalisez ;
- quelles sont les limites de votre intervention.
Le simple fait d’avoir réellement suivi une formation ne suffit pas si votre communication lui donne une portée qu’elle n’a pas.
Attention également aux promesses faites autour de l’EMDR
L’EMDR est fortement associée au traumatisme, au stress post-traumatique et à la santé mentale.
C’est précisément ce qui rend la communication particulièrement sensible pour les professionnels qui ne sont pas professionnels de santé ou psychothérapeutes.
Évitez notamment de :
- présenter votre accompagnement comme un traitement médical ;
- annoncer que vous établissez un diagnostic ;
- promettre une guérison ;
- laisser croire que votre prestation remplace une prise en charge médicale, psychologique ou psychiatrique ;
- dissuader une personne de consulter un professionnel de santé.
Votre communication doit rester cohérente avec votre véritable champ de compétences.
Comment présenter sa formation EMDR ?
Il n’existe pas de formulation universelle que tous les professionnels pourraient copier.
C’est justement l’une des erreurs à éviter.
La formulation adaptée dépend de la formation suivie, de la qualification initiale du professionnel, de son éventuelle accréditation et des droits attachés aux termes qu’il souhaite utiliser.
La solution la plus transparente consiste généralement à décrire exactement votre parcours, sans l’amplifier.
Par exemple, indiquez le nom réel de la formation suivie, l’organisme concerné et, lorsque cela est pertinent, le niveau de certification ou d’accréditation effectivement obtenu.
Évitez de transformer une simple attestation de formation en « certification officielle » ou en titre professionnel reconnu.
La précision est ici votre meilleure protection.
Vos documents juridiques doivent refléter les mêmes limites
Votre communication et vos documents contractuels doivent raconter la même chose.
Vos Conditions Générales de Vente doivent notamment définir clairement :
- la nature de la prestation ;
- son périmètre ;
- les limites de votre intervention ;
- vos responsabilités respectives ;
- les conditions dans lesquelles le client doit se tourner vers un professionnel de santé lorsque cela est nécessaire.
Une mention prudente sur votre site n’a que peu d’intérêt si vos CGV, vos emails ou votre page de vente présentent ensuite votre prestation d’une manière totalement différente.
Votre cadre juridique doit être cohérent.
L’utilisation du terme EMDR ne résume pas vos obligations
Une fois la question de votre communication réglée, votre activité reste soumise aux autres règles applicables aux thérapeutes et praticiens du bien-être.
Vous devez notamment respecter le RGPD, adhérer à un service de médiation de la consommation lorsque vous travaillez avec des clients particuliers, vérifier la conformité de votre site internet et établir des factures conformes.
Votre communication professionnelle doit également rester cohérente avec votre statut juridique et la réalité de votre activité.
Chez Houjo, notre travail consiste précisément à aider les thérapeutes et praticiens du bien-être à structurer cet environnement juridique dans son ensemble, plutôt que de traiter chaque obligation isolément.
En résumé
L’utilisation du terme EMDR n’est pas une simple question de vocabulaire.
Avant de l’utiliser dans votre communication :
- vérifiez exactement votre formation et vos qualifications ;
- distinguez titre professionnel, formation et accréditation privée ;
- n’affichez jamais une accréditation ou une affiliation que vous ne possédez pas ;
- vérifiez les éventuels droits de propriété intellectuelle ;
- assurez-vous que votre communication ne crée aucune confusion sur la nature de votre prestation ;
- évitez les promesses médicales ou thérapeutiques qui dépassent votre champ d’intervention ;
- faites correspondre vos CGV et vos autres documents juridiques à votre communication.
Chez Houjo, le Pack juridique Thérapeutes et praticiens du bien-être vous permet de sécuriser l’ensemble de votre activité avec des documents et ressources adaptés aux réalités de votre métier.
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FAQ
Le terme « praticien EMDR » est-il un titre professionnel réglementé ?
Le droit français ne prévoit pas de titre professionnel réglementé portant précisément cette appellation. En revanche, d’autres titres susceptibles d’être associés à l’EMDR, comme celui de psychothérapeute, sont légalement encadrés.
Une formation EMDR permet-elle automatiquement de se présenter comme « praticien EMDR » ?
Pas nécessairement. Il faut vérifier l’intitulé exact de la formation, les conditions prévues par l’organisme, l’existence éventuelle d’une accréditation et les droits attachés aux termes utilisés.
Quelle différence entre une formation EMDR et l’accréditation EMDR Europe ?
Suivre une formation et obtenir une accréditation sont deux choses différentes. EMDR Europe impose des critères spécifiques pour son accréditation professionnelle. Il ne faut donc pas laisser croire que l’on détient cette accréditation lorsque ce n’est pas le cas.
Peut-on écrire « thérapeute EMDR » ?
Cette formulation doit être utilisée avec une grande prudence. L’ensemble de votre communication ne doit pas laisser penser que vous exercez une profession réglementée ou réalisez une prise en charge psychothérapeutique à laquelle vous n’êtes pas habilité.
Quel est le principal risque juridique ?
Le risque principal est de créer une présentation trompeuse ou ambiguë sur votre qualification, votre formation, votre éventuelle accréditation ou la nature de votre prestation.
Peut-on utiliser le logo EMDR Europe ou EMDR France ?
Uniquement si vous remplissez les conditions prévues par l’organisme concerné. Une accréditation, une adhésion, un label ou un logo ne doivent jamais être affichés sans droit.




